Face à nous une maquette? En fait, nous sommes une nouvelle fois face à un «jeu»; Esid réutilise des lentilles d´époque pour nous donner une vision déformée de cette immense métropole. L´artiste nous offre une vision du présent à travers un langage visuel du passé.
Une des représentations les plus fortes du Caire dans l´actualité, l´idée que l´on peut avoir de cette capitale, une des plus grandes du continent africain et du Moyen Orient, est son mouvement, sa masse d´hommes et de femmes (approximativement 20 millions d´habitants)ce qui se traduit en un bruit assourdissant, en mille histoires quotidiennes auxquelles Esid a conféré un rôle dans sa série Les travailleurs du Caire. Cependant dans cette série-là Esid est capable de les réduire à l´anonymat, pour créer une narration massive dans laquelle à la fin curieusement un silence implacable nous envahit.
Ainsi, nous nous trouvons face à une réalité extrêmement puissante, on pourrait même presque dire “brutale”, dans laquelle nous pouvons voir la saleté, la pollution, la misère mais Esid nous la révèle dans une atmosphère de demi rêve, d´idéalisation profonde. De plus l´utilisation de cette technique de développement au soleil, de photos anciennes tout en étant le reflet du Caire au XXI siècle, nous semble irréelle. Donc, ce que l´artiste réussit à faire à travers cette série c´est en quelque sorte de redessiner la réalité de cette métropole tout en maintenant ses vibrations.